2012, la fin du monde ?

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2012, la fin du monde ?

Message par rino54 le Sam 19 Nov - 22:50

Bonsoir,

Je partage avec vous une traduction d'un texte de l'américaine Naomi Klein qui a été donnée sur le site "After a Year in Boston" (http://ayearinboston.canalblog.com/archives/2011/11/18/22714881.html?t=1321689306257#c46280574). Il s'agit ici d'une réflexion sur le réchauffement climatique et le gaspillage des ressources terrestres par le système économique actuel et quoi faire pour s'en sortir (ou tout du moins essayer).

"Pour résumer, répondre au défi du changement climatique nécessite de remettre en question toutes les règles canoniques du libre marché et de le faire de manière urgente. Nous aurons besoin de reconstruire la sphère publique, de renverser le mouvement de privatisation, de relocaliser de large pans de nos économies, de diminuer radicalement la surconsommation, de revenir à une planification sur le long terme, et réguler fortement et de taxer les grandes entreprises, peut être même de nationaliser certaines d'entre elles, de renormaliser nos budgets militaires et de reconnaitre notre dette aux pays du Sud.

Évidemment, rien ne tout cela n'a le moindre espoir d'arriver sans déployer un effort considérable pour réduire l'influence des forces économiques sur le débat politique. Cela veut dire pour le moins un financement public des campagnes électorales et donc retirer le statut juridique de "personnes" aux entreprises. En clair, le changement climatique ne fait que renforcer considérablement les arguments et thèses des mouvements progressistes, en leur apportant une cohérence et en leur fournissant un agenda basé sur un impératif scientifique clair.

Plus que cela, au plan politique, le changement climatique constitue l'exemple le plus spectaculaire de "Je vous l'avais bien dit" depuis que Keynes a prédit la retour de flamme allemand suite au traité de Versailles. Marx a écrit à propos du "schisme fondamental" entre le capitalisme et les "lois naturelles de la vie elle même" et beaucoup à gauche ont avancé qu'un système économique basé sur le déchainement des appétits du capital finirait par écraser les écosystèmes naturels. Et bien sur, bien des peuples indigènes ont par le passé tiré la sonnette d'alarme sur le danger des manques de respect à la "Terre mère". Le fait que les déchets gazeux du capitalisme industriel soient en train de réchauffer la planète avec des conséquences potentielles cataclysmiques signifie justement que les Cassandre avaient raison. Et que les gens qui ont affirmé "Abandonnons toutes les règles et laissons la magie opérer" ont eu totalement, catastrophiquement tort.

Il n'y a aucune raison de se féliciter d'avoir raison sur des sujets aussi graves. Mais pour les progressistes, il y a une responsabilité dans tout cela car cela signifie que nos idées, alimentées par les enseignements des peuples indigènes et par les échecs du socialisme productiviste, sont plus importantes que jamais. Cela veut dire qu'une approche écolo-sociale qui ne se contente pas d'un simple réformisme mais vise à remettre en cause la place centrale du profit dans l'économie, constitue la meilleure chance pour surmonter ces crises superposées.

Mais imaginez in instant ce que cela signifie pour un type comme le président de "Heartland" qui a étudié l'économie à l'université de Chicago et qui m'a décrit sa motivation politique comme "libérer les individus de la tyrannie des autres". Cela ressemble à la fin du monde. Ça ne l'est pas mais de son point de vue et ses objectifs, c'est la fin de son monde. Le changement climatique fait exploser les carcans idéologiques sur lesquels le conservatisme moderne s'appuie. Il n'a y aucun moyen de réconcilier un système de croyance qui rejette le collectif et idolâtre la liberté totale des marchés avec un problème qui demande des actions collectives à une échelle jamais atteinte et qui nécessite une prise de contrôle sur les forces du marché qui ont engendré et qui renforcent la crise."

Naomi Klein, Capitalism vs the Climate, The Nation (2011).

Alors que bien des gens prophétisent la fin du monde pour 2012 ... cela pourrait être la fin de "leur" monde.

Bonne soirée,

Renaud

rino54

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Re: 2012, la fin du monde ?

Message par Hélène le Sam 19 Nov - 23:04

Bonsoir,

Personnellement je pense que en 2012 ou un peu plus tard, ça pourrait bien être la fin de "notre" monde aussi, tel que nous le connaissons ,avec ses inégalités mais aussi ses acquis...et qu'il va falloir tous changer de mentalité et d'habitude pour s'adapter...parce que ,quand les effets se feront sentir, que ce soient économiques ou climatiques de façon accrue et non plus par pic sporadique , comme actuellement où on colmate les trous dans la coque avec du papier Rolling Eyes , on n'aura pas le choix ...en gros , on sera dinosaure ou guêpe...mais juste mon avis, hein... Laughing

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